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Covid : prendre les bonnes décisions grâce aux maths

Covid : prendre les bonnes décisions grâce aux maths - publication Cercle K2

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Serge Delwasse est PDG de CetraC.io.

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La compréhension d’une maladie, la Covid-19 en l’espèce, est une affaire de spécialistes. Des médecins. Infectiologues ou épidémiologistes, de préférence. Personne ne le nie. Toutefois, il est possible de comprendre beaucoup de choses, et donc de prendre des décisions raisonnables, à l’aide des mathématiques telles qu’elles sont enseignées en classe de terminale.

Commençons tout d’abord par les fonctions et, plus particulièrement les fonctions exponentielles. Réduire par deux le taux de croissance d’une exponentielle ne change rien à l’essence de ladite fonction : une exponentielle reste une exponentielle. La seule façon de "casser" l’exponentielle est donc de profondément changer le paradigme. Confiner, par exemple. Ou avoir d’autres idées. Vacciner massivement. Mais, une chose est certaine : il faut prendre des décisions fortes. Exeunt les demi-mesures. Application pratique : les pays qui réussissent dans la lutte contre la Covid-19 sont ceux qui ont employé les grands moyens. Fermeture des frontières. Quarantaine et/ou confinement stricts. Et ceux qui n’ont rien fait (Suède, Brésil) ont des taux de mortalité finalement pas si loin que ça du nôtre…

Passons maintenant aux probabilités. Une probabilité, dans la vie pratique, c’est la traduction vers l’avenir des chiffres du passé, les statistiques. Ainsi, la probabilité de mourir d’une thrombose après avoir été vacciné semble être de quelques centaines sur 30 millions. On parle donc d’une probabilité de 1/100 000, soit 0,00 1%. À comparer avec la mortalité par la Covid en France en un an : 100 000 sur 65 millions, soit 0,1 % ! Conclusion : elle est double. D’une part, il faut cesser une fois pour toute de faire porter la suspicion du public sur certains vaccins et, surtout, d’autre part, il ne faut pas hésiter à rendre la vaccination obligatoire, ou quasi-obligatoire par le truchement du passeport vaccinal.

Faisons un détour par la logique. Il n’y a pas de d’étude prouvant que les vaccinés ne sont pas contagieux. C’est normal ; nous n’avons pas assez de recul. Nonobstant, il est possible de faire le raisonnement suivant : "passer" la Covid à son voisin, c’est, dans les faits, lui transmettre, physiquement, des virus. Moins on a de virus dans le corps (on appelle ça "charge virale"), moins on en transmet. Or, les vaccinés, par définition, ont une charge virale plus faible, voire nulle. Démonstration par l’absurde : s’ils avaient la même charge virale que les malades, ils seraient malades… Les conséquences sont doubles : c’est, une fois de plus, un plaidoyer pour la vaccination obligatoire – comme l’était celle contre la variole il y a encore 50 ans. Mais, surtout, c’est une excellente raison pour modifier la stratégie vaccinale : plutôt que vacciner les personnes à risque, vacciner ceux qui sont en contact avec beaucoup de monde. Plutôt que vacciner les seniors et les soignants, vacciner les policiers, enseignants, commerçants, taxis, et… serveurs de restaurants lorsqu’ils rouvriront.

Pour finir, je vous propose d’aborder le concept de dérivée. La dérivée d’une fonction à plusieurs variables n’est plus au programme de terminale. L’a-t-elle jamais été d’ailleurs ? Mais ce n’est pas très important. Il ne s’agit que de comparer l’effet d’une mesure (le confinement, par exemple), son coût marginal, sur plusieurs variables. L’impact sur la Covid, mais également sur l’économie, sur le moral, sur la santé hors-Covid… On entend également le terme de rapport coût/ bénéfices…

Il ne s’agit pas d’être cynique, ou inhumain, encore moins irresponsable. Il s’agit surtout d’avoir une vision du problème dans sa globalité. A la lecture de ces quelques lignes, vous l’aurez compris, je prône une révision drastique de la politique menée depuis un an : pousser à la vaccination via un passeport vaccinal qui donnerait accès aux restaurants, musées et cinémas, rouverts pour l’occasion et dont les collaborateurs seraient eux-mêmes vaccinés.

Serge Delwasse

Publié le 15 avril 2021