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Agir avec empathie pour la filière santé, c’est prendre soin de ceux qui nous soignent

img/posts/276.jpg - publication Cercle K2

Les français consomment de plus en plus de santé. Ils ont de la considération pour l’hôpital, plus que pour les partis politiques, l’école ou la police. Mais l’hôpital est au centre d’une intrigue dont les acteurs principaux sont les malades et les soignants.

 

Depuis l’antiquité, les hommes ont toujours lutté contre les maladies. L’Etat s’est progressivement approprié la notion de santé publique et a voulu se donner les moyens de soigner. Mais les crises économiques ont écorché l’idée de solidarité, donné naissance aux gestionnaires, au budget global, puis à la tarification à l’activité.

Comme l’hôpital n’est pas une entreprise comme les autres, la crainte du déficit qui est devenue le seul centre d’intérêt, a conduit à des comportements irrationnels. En quelques années tout a basculé : les malades se sont transformés en clients et les gestionnaires ont perdu de vue l’essentiel. Aujourd’hui le malaise est profond. L’austérité et l’incompréhension renvoient un tableau particulièrement sombre de l’hôpital. L’exercice devient oppressant pour les soignants et exacerbe la souffrance au travail, même si les patients restent globalement bien soignés. Une confusion entre les objectifs et les moyens. Une dérive de notre système de santé.

Le malaise de l’hôpital est une crise de sens dont les premières victimes sont ses propres agents. La crise témoigne de la souffrance des personnels. S’ils savent pertinemment ce qui les fait souffrir, ils savent aussi pourquoi ils restent. Ils voient dans la santé une filière d’avenir. « Vouloir soigner » constitue pour eux une valeur. Ils savent que, quelle que soit la contrainte, l’hôpital doit rester accueillant, centré sur l’humain et la prise en compte de la fragilité. C’est le lieu de tous les possibles. Il doit anticiper l’allongement de la durée de vie, le développement des maladies rares et chroniques, des maladies émergentes.

Même l'équilibre des comptes ne résoudrait pas le problème d’un modèle qui a fini par accorder plus d’importance au contrôle qu’à l’action, aux règlements qu’aux acteurs. Un système dont les principes sont enviés dans le monde entier, mais qui dérive lentement sous l’empilement de contraintes réglementaires. Un véritable mille-feuille.

L'idée que l’État ne peut pas tout faire, s’impose progressivement et donne à chacun l'envie d'agir. L’envie de ne plus subir. L’envie de proposer un autre état d’esprit, sans exclusion, sans anathème, mais en tenant compte de l’expérience accumulée.

Aujourd’hui, l’hôpital souffre des logiques gestionnaires qu’il développe et des méthodes de gestion qui satisfont en priorité des intérêts immédiats, et sont contraires à sa raison d’être. Sans vision à long terme et sans une approche managériale juste et équitable, l’hôpital se prive de profits importants et d’un futur désirable.

Au cœur du système hospitalo-universitaire, Michel Tsimaratos, un professeur de pédiatrie, praticien hospitalier et chef de service, Stéphanie Gentile, une professeure de santé publique, et Bénédicte Devictor qui est économiste de la santé, vivent la crise de l'intérieur. Ils ont confronté leurs expériences, et témoignent de la transformation silencieuse de l’hôpital.

« La force de l'hôpital, c'est ses agents, les femmes et les hommes qui y travaillent, pas les bâtiments, qui vieillissent et ne s'adaptent pas aux changements, ni les matériels, qui subissent une obsolescence programmée ».

Bien se soigner coute toujours moins cher à la société, et les raisons d’espérer sont nombreuses.

Pour rendre à l’hôpital sa vocation bienveillante et lui donner un nouveau souffle, il est impératif de redonner du sens à sa mission première en favorisant un management coordonné par les médecins, au service de la qualité des soins, à l’écoute de la réalité des besoins.

Ce livre raconte l’histoire d’une longue dérive, et nous aide à comprendre comment la réappropriation de la qualité des soins et l’adaptation du financement à la réalité seront les éléments clés du succès. Il donne l’élan d’une vocation retrouvée et d’un changement de modèle qui inverseront la spirale infernale, pour le bien des malades, des professionnels de santé et des contribuables.

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