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Entretien avec Sofiane Hadji

Entretien avec Sofiane Hadji - publication Cercle K2

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Si tu devais te décrire en quelques mots ?

Audace, force et détermination. Plus qu’une description de moi-même ces mots sont les premiers qui me viennent lorsque j’évoque mon parcours professionnel et universitaire. Un guide en quelque sorte…

Justement, peux-tu nous présenter ton parcours ?

Dyonisien, j’ai d’abord effectué une double licence (Histoire-Sciences politiques) à l’Université Paris 8. Ce cursus très exigent m’a permis d’obtenir des bases solides pour poursuivre mon cursus à l’Université Paris-Dauphine. Un ami avec lequel je révisais souvent à la bibliothèque m’avait parlé de cette Université et m’avait dit de tenter ma chance, ce que j’ai fait. Je ne m’attendais pas du tout à y être admis. Il a suffit d’un mail en juin 2016 pour radicalement changer une partie de ma vie. J’ai pu y effectuer deux belles années, d’abord en Master 1 Politiques publiques (anciennement Action publiques et Régulations sociales), puis en suivant les cours du Master 2 Affaires publiques.

C’était pour moi un nouveau monde avec une culture de la professionnalisation mais je m’y sentais à l'aise car j’avais déjà réalisé plusieurs stages dans des structures publiques.

Que t’ont appris ces différentes expériences ?

Oser, ne rien lâcher et faire confiance aux rencontres.

J’avais d’abord effectué un stage à la Mairie de Saint-Denis avec Fodhil Hamoudi, ancien Maire adjoint à la Coopération décentralisée et aux relations internationales. J’ai décidé de tenter ma chance auprès de l’actuel conseiller départemental de Seine-Saint-Denis, Mathieu Hanotin à la suite de son passage au sein de mon ancien club d’athlétisme qui était dans sa circonscription. Après un entraînement, je notai ses coordonnées et lui écrivis. Grâce à lui, j’ai pu continuer mon apprentissage durant 15 jours au Conseil départemental.

Un peu plus tard, bien que n’étant pas en école de journalisme, je suis parvenu à décrocher deux jours d’observation au sein du service reportage de France Inter. Je suis passé de Saint-Denis à l’Avenue du Président Kennedy… Le rythme était effréné : je me levais à 5h30 pour aller à Radio France avec la volonté de tout apprendre, de tout assimiler.

Ce fut une période difficile avec des sacrifices mais je ne regrette rien. J’ai mûri plus vite que certains de mon âge. Pendant mes vacances, j’ai travaillé dans un marché, livré des lettres en tant que facteur, été à la plonge.

Pourquoi avoir opté pour une année de césure entre ton Master 1 et ton Master 2 ? Que t’a t-elle appris ?

L’année de césure nous permet de vivre des expériences professionnelles plus longues et plus fortes qu’un stage de quelques semaines. C’est une véritable opportunité pour notre orientation professionnelle.

Dans mon cas, j’eus d’abord la chance de poursuivre ma découverte du monde des médias par un stage au journal Le Monde, plus précisément au service économie et entreprise. J’eus le privilège d’écrire des articles et l’un d’entre eux a même été publié sur le « print » et mis en une du site du Monde. Cela m’a permis d’acquérir davantage de confiance en moi. C’est très important pour la suite d’un parcours universitaire et professionnel.

Mais l’expérience qui m’a le plus marqué au cours de cette année de césure est, sans hésiter, mon passage à la direction Publicis Consultants pour apprendre, durant 6 mois, le métier de consultant en Affaires publiques et communication de crise. J’y ai rencontré des gens formidables dont mon tuteur, devenu mentor et ami.

Cette année de césure m’a donné une très grande énergie qui m’a accompagné dans la poursuite de mes études en Master 2 Affaires publiques à l’Université Paris-Dauphine. Au cours de cette année de M2, j’ai été apprenti chez RTE en tant que chargé d’Affaires publiques pour la mission du Grand Paris. J’y ai beaucoup appris, que ce soit avec les intervenants du Master ou au sein de l’entreprise.

Tu es très investi dans le secteur associatif. Pourquoi as-tu choisi de t’engager ?

Je suis tombé dans le milieu associatif grâce à mon ami Yanis Néki, rencontré sur les bancs de la fac à Saint-Denis. Notre première discussion portait sur le maillot d’Arsenal qu’il portait ce jour là, quelques jours plus tard nous étions inséparables. Il me proposa de participer à l’association AEPB dont il s’occupait et qui était portée par Steven Charles. Cette association avait pour but d’aider les jeunes qui finissait leurs études et débutait leur vie professionnelle grâce à une ouverture aux réseaux et au coaching. En partant de rien, mais avec une détermination sans faille, et aussi une part d’audace, plus d’une dizaine d’ateliers ont été organisés en 6 mois et plusieurs participants ont intégré les entreprises de nos partenaires. Cette aventure collective a duré deux ans et nous avons même eu la chance d’être reçus à l’Elysée pour présenter notre projet à l’un des conseillers d’Emmanuel Macron. Pour ma part, je garde en souvenir les incroyables rencontres que j’ai pu faire mais également une grande expérience.

Ce n’est pas tout car c’est également dans le cadre d’AEPB que nous avons rencontré les co-créateurs du Cercle K2 et que j’ai intégré le parcours K2.

Que t’apporte le Parcours K2 ?

D’abord, l’opportunité de nourrir une curiosité pour des domaines éloignés de ma vie professionnelle. Les conférences organisées au sein du K2 sont très intéressantes. Parfois, les thèmes peuvent paraître, au premier abord, hors de notre portée en fonction de notre domaine de spécialité, je pense notamment à une intervention sur la psychanalyse et le thème de la résilience, mais on y ressort enrichi avec de nouvelles connaissances.

Mais la grande force du Parcours K2 pour moi ce sont les rencontres, à commencer par celle de Jean-Michel Icard qui a été déterminante pour moi. En deux heures, Jean-Michel m’a époustouflé avec ses fulgurances et ses expressions. Il a su me redonner de l’énergie. Nous avions même parié 1 centime que j'aurai mon M2 avec Mention. D’ailleurs, je dois lui rapporter cette fameuse pièce.  Avoir la chance de faire ce genre de rencontres à 23-24 ans est très enrichissant et gratifiant pour la suite surtout lorsque l’on vient d’un milieu où il y a peu, voire pas, de transmission.

Que fais-tu aujourd’hui ?

Comme beaucoup de mes amis à l’Université, je souhaitais partir à l’étranger après mon M2 mais une occasion s’est présentée. On m’a proposé un poste à l’Assemblée en tant que collaborateur parlementaire avec un député dont je partageais la plupart des convictions. Je considère cette expérience comme une autre formation, une sorte de troisième année de master, au cours de laquelle j’acquière de nouvelles compétences. Pour reprendre le langage footballistique, c’est comme si on entrait dans un centre de formation d’un grand club. On y fait ses classes, on apporte son jeu, sa technique et sa vision des choses avec son regard et sa connaissance du terrain.

Quels conseils pourrais-tu donner à un étudiant à la lumière de ton parcours ?

C’est difficile à résumer par des mots mais ce que je retire est qu’il m’a fallu une sacrée dose d’énergie et accepter de sortir de ma zone de confort. Il faut également savoir saisir sa chance, ou même parfois la provoquer. Ce sont souvent des rencontres qui vont permettre de débloquer les choses sans que l’on s’en rende compte. Ensuite, il y a évidemment les codes et les rouages des institutions en général et d’une institution en particulier. Cela s’apprend.

C’est notamment pour cela que je suis très heureux d’intervenir dans mon ancien lycée pour parler aux lycéens de mon parcours. Ce sont parfois des petits conseils, qui peuvent paraître anodins mais qui sont très importants à ce moment de notre parcours. J’essaye de leur apporter ce que j’aurais souhaité entendre à leur place et que l’on ne lit pas dans les magazines des bureaux d’orientation.

L’une des actions dont je suis un peu fier est d’avoir réussi à convaincre, l’année dernière, le Président François Hollande de venir rencontrer certains élèves du lycée pour discuter et échanger avec eux à l’approche du bac.