Quelques faits récents à comprendre et connaître pour effectuer son devoir citoyen : se couper du monde pour sauver les plus vulnérables

22/03/2020 - 4 min. de lecture

Quelques faits récents à comprendre et connaître pour effectuer son devoir citoyen : se couper du monde pour sauver les plus vulnérables - Cercle K2

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Dernier point sur l’épidémiologie

Un rapport publié par le centre collaboratif de l’OMS en date du 16 mars 2020 (lien), après analyse de données venant de Chine et d’Italie, permet de faire les constations suivantes :

  • Il est considéré que plus de la moitié des cas n'ont pas été identifiés,
  • La période d’incubation moyenne était de 5 jours,
  • Environ 5% des patients avaient dû être hospitalisés,
  • L’IFR (Infection Fatality Ratio) estimé était de 0,9%,
  • 30% des personnes hospitalisées nécessitaient des soins intensifs avec dans ce cas une durée moyenne d’hospitalisation de 16 jours (dont 10 jours en soins intensifs) réduite à 8 jours en l’absence de séjour en soins intensifs. En moyenne, la durée d’hospitalisation était considérée de 10 jours.

A l’aide de ces données, des travaux permettent de modéliser l’impact des mesures non médicamenteuses sur la prise en charge de l’épidémie.

Les mesures analysées dans ce modèle, et pouvant permettre de contrôler l’épidémie, sont les suivantes :

  • Isolation à domicile en cas d’infection,
  • Quarantaine volontaire en cas de contact avec un cas,
  • Distanciation sociale des plus de 70 ans avec maintien à domicile dans la mesure du possible,
  • Distanciation sociale de la population générale avec les mesures de confinement et de prudence lors des sorties (distance, sorties indispensables),
  • Fermeture des écoles et universités.

L’impact de ces mesures est analysé en utilisant les données disponibles (Chine, Italie) et une modélisation a été effectuée pour déterminer la meilleure attitude à adopter dans les semaines à venir au Royaume-Uni.

Les conclusions de ce modèle sont les suivantes :

  • En l’absence de mesure, le système de santé sera dépassé en quelques semaines (le critère retenu est l’occupation des lits de réanimation) vers la mi-avril au Royaume-Uni avec une demande en lits de réanimation excédant 30 fois les capacités d’accueil.
  • A contrario, la combinaison des mesures citées ci-dessus diminuera des 2/3 le risque, permettant de n’excéder « que » de 8 fois la capacité des lits de réanimation aux Royaume-Uni.
  • Dès la mise en place stricte de ces mesures, un délai de trois semaines est nécessaire pour permettre que la demande en lits de soins intensifs soit réduite. Ces mesures doivent bien sûr être ensuite maintenues pour continuer de maîtriser la demande en lits de soins intensifs.
  • Dans le cadre de ce maintien, différentes approches ont été analysées depuis le maintien strict de l’ensemble des mesures jusqu’aux mesures locales de mise en quarantaine ponctuelles après que le pic épidémique soit passé afin d’éviter un deuxième pic aussi important en automne. Le choix de la meilleure approche sera fonction du contexte social et humain du moment, bien évidemment le maintien strict est le plus à même d’éviter toute reprise de l’épidémie.
  • Il est important de réaliser que les mesures ne pourront être définitivement levées qu’après la mise au point d’un vaccin.

Ce rapport met donc bien en évidence la nécessité de respecter l’ensemble des mesures afin de casser l’augmentation exponentielle des personnes contaminées qui entraîne à son tour l’augmentation des hospitalisations et au final la surcharge des lits de soins intensifs, la conséquence ultime de cette progression étant un nombre de décès causés par l’impossibilité d’appliquer une prise en charge adaptée. Cette situation est d’autant plus révoltante que, dans nombre de cas, ces décès pourraient être évités si le système de santé n’était pas en situation de surcharge.

Dernier point sur les essais

La recherche s’organise et de nombreuses pistes sont en cours d’exploration :

  • Évaluation des anticorps monoclonaux ciblant la cytokine IL-6. Cytokine inflammatoire qui joue un rôle dans la réponse inflammatoire excessive à l’infection dans le cadre de forme sévère du Sars-CoV-19 :
    • Le tocilizumab, utilisé dans le traitement de l'arthrite juvénile idiopathique polyarticulaire. Essais débutés en Chine et début Avril, début d’une phase III aux Etats-Unis.
    • Le sanilumab, utilisé dans le traitement de la Polyarthrite rhumatoïde. Premier essai débutant aux Etats-Unis (New York) et à terme hors Etats-Unis dans les zones les plus touchées (Italie).
  • Évaluation d’un autre anticorps monoclonal, le gimsilumab, dirigé contre une cytokine pro-inflammatoire (GM-CSF). Des essais pourraient débuter rapidement aux Etats-Unis, en Europe et en Chine.
  • Développement d’un cocktail d’anticorps qui pourrait permettre une prévention et un traitement du Covid-19. Des essais pourraient débuter à l’été.
  • En France, un essai multi-bras (un bras contrôle sans traitement, un bras avec le remdésivir (Gilead) ; un bras avec le traitement du VIH Kaletra* (lopinavir/ritonavir, AbbVie) et un bras avec une combinaison de Kaletra* et d'un interféron bêta) va débuter cette semaine. Un bras évaluant la chloroquine (médicament anti-paludéen) sera ajouté. Cet essai sera « adaptif », c’est-à-dire qu’il pourra être arrêté si l’un des médicaments s’avère donner des résultats positifs ou s’il est nécessaire de tester une autre molécule qui serait alors ajoutée dans un nouveau bras.

Dans les hypothèses les plus optimistes, des traitements curatifs pourraient voir le jour vers l’été (tout dépend de la tenue des essais cliniques et de l’accélération possible des procédures), un vaccin ne pouvant être disponible avant 18 mois.

En résumé

Les travaux épidémiologiques les plus récents permettent donc d’affirmer que :

  • Les mesures de confinement sont indispensables pour éviter la surcharge du système de soins,
  • Le non-respect de ces mesures entraînera une mortalité évitable extrêmement importante,
  • La période de confinement sera longue et ne pourra être relâchée sans crainte d’une reprise de l’épidémie.

Les recherches cliniques en cours mobilisent de nombreuses énergies mais ne permettront pas de trouver une solution curative ou un vaccin avant plusieurs mois.

Il est donc vital pour tous de participer à l’effort de contrôle de l’épidémie et de baisse de la mortalité par le seul moyen actuellement efficace : l’arrêt de la croissance exponentielle des cas par confinement volontaire.

22/03/2020

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