Les secrets pour être un bon capitaine

13/05/2020 - 4 min. de lecture

Les secrets pour être un bon capitaine - Cercle K2

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Formé à l'AJ Auxerre par Guy Roux, Benjamin Nivet a été pendant de nombreuses années Capitaine du club professionnel de football L'Espérance Sportive Troyes Aube Champagne (ESTAC). Il a, à son actif, plus de 700 matchs professionnels de football. Il fait partie de la promotion 2019-2021 du programme "Manager General de club sportif professionel" du Centre de Droit et d'Economie du Sport (CDES). Il est aujourd'hui associé de la société Allyteams

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Je lis, depuis quelques mois, que nos sociétés manqueraient de chefs. J’ai plutôt le sentiment qu’elles manquent de leaders car le principe hiérarchique ne peut pas tout. Il me semble que la différence est importante entre ces deux façons de manager [1], la première reposant sur l'autorité juridique, en quelque sorte conférée par un statut, alors que la seconde repose avant tout sur la personnalité et la sensabilité d'une personne. L’expérience de capitaine d’une équipe de football, comme de tout sport collectif, peut être utilement mobilisée pour comprendre cette différence et choisir le bon leadership au sein de son organisation.

 

Rechercher la complémentarité du capitaine et de l’entraîneur

Lorsqu’il choisit son capitaine, un entraîneur, comme un directeur général d'entreprise lorsqu'il choisit ses cadres dirigeants me semble-t-il, désigne un joueur avec lequel il pense être complémentaire. L’entraîneur est en charge des décisions stratégiques, tactiques et humaines pour l’avenir de l’équipe, ce qui le place, d’une certaine manière, dans une situation d’extériorité par rapport au groupe de joueurs. C’est au capitaine que revient le rôle de faire le lien avec les joueurs. Il explique, rassure (je pense notamment au choix de la composition de l’équipe) et fait passer des messages. Il agit, en quelque sorte, comme une courroie de transmission à l’intérieur même du groupe. C’est un peu le même rôle que celui du manager qui met en œuvre les orientations stratégiques décidées par les organes de direction d’une société. C’est la raison pour laquelle la complémentarité du capitaine et de l’entraîneur est essentielle.

 

Trouver son modèle de leadership

Nous avons tous en tête que le capitaine doit être un bon leader, sans toujours savoir ce qu’il convient de ranger sous ce qualificatif. C’est peut-être parce que l’on oublie trop souvent qu’il existe plusieurs types de leadership. Leur point commun est le respect et la confiance que le capitaine doit inspirer à ses coéquipiers. Le respect va naître de plusieurs manières. Il y a ceux qui ont un leadership naturel, qui s’impose par leur manière d’être et une forme d’autorité naturelle. On pense à un Mickael Jordan ou à un Eric Cantona. Il y a également ceux qui s’affirmeront principalement sur le terrain en prenant des responsabilités dans les moments clefs d’un match ou qui, par leur leadership technique, seront respectés par l’ensemble du groupe. On pense davantage à un Zinédine Zidane. Et puis il y a ceux qui ont un leadership humain grâce à leur empathie et leur qualité d’écoute. Ils ont le sens de l’humain et savent parfaitement s’adapter aux différences des autres et donc échanger facilement avec l’ensemble du groupe. On pense à un Hugo Lloris. Ces trois catégories, brossées rapidement et forcément imparfaites pour appréhender l'ensemble des situations, ne sont pas exclusives les unes des autres. Au final, un bon capitaine est celui qui parvient à instaurer la confiance et le respect avec chacun des membres de son équipe selon le modèle de leadership qui convient le mieux à sa personnalité et à sa sensibilité. Se connaître parfaitement et trouver sa place est fondamental.

 

S’adapter aux différences au sein d’une équipe

Que l’on se trouve sur un terrain de football ou sur tout autre territoire, un groupe humain sera toujours composé d’une grande variété de personnalités et de psychologies. Dans une équipe de football, il y a des joueurs timides ou au contraire expansifs, jeunes ou très expérimentés, ceux qui doutent et ceux qui ont toujours confiance, des nationaux et des étrangers qui parfois ne parlent pas la langue. Cette diversité, que l’on retrouve également dans toutes les institutions, est une grande richesse pour l’équipe. La jeunesse apporte de la fraîcheur et de l’énergie. On se rappelle l’énergie apportée par Franck Ribéry lors de la Coupe du monde de 2006. On en a beaucoup parlé. Mais, à côté, il y avait des piliers de l’équipe très expérimentés comme Lilian Thuram ou Zinédine Zidane. Il s’agit donc de bien doser l’expérience qui rassure et la fraîcheur de la jeunesse qui permet de créer des déséquilibres positifs et des décalages. Tout entraîneur recherche cet équilibre. C’est une forme d’alchimie. Les grandes équipes y parviennent. Mais la différence peut aussi être un frein et nuire à la performance si elle limite les échanges, notamment lorsque affinités et inimitiés créent des clans, ce qui peut gangréner l’équipe et apporter une mauvaise ambiance. C’est donc au capitaine de tenter de dissoudre ces clans avant pour éviter des fractures au sein de l’équipe.

 

Savoir communiquer

Pour éviter les divisions, il faut apprendre à bien communiquer. La communication du capitaine doit reposer sur un discours simple et clair, rappeler une évidence : que l’intérêt individuel passe par l’intérêt collectif, que c’est le groupe qui tirera chaque joueur vers le haut. C’est particulièrement important dans les sports collectifs. Mais il ne faut pas être naïf ; il existe des concurrences au sein d’une équipe. Il est normal qu’un footballeur souhaite jouer, tout comme il est normal qu’un salarié souhaite évoluer en compétence et se voir confier des responsabilités plus importantes. En ayant suffisamment d’expérience, le capitaine peut leur dire que les choses évoluent vite et que leur tour viendra. Il faut alors faire comprendre à chaque membre de l’équipe que l’important reste l’équipe et le projet collectif. Cela nécessite donc pour le capitaine d’aller parler à ses coéquipiers individuellement et, parfois, au contraire d’organiser des réunions de groupe afin que chacun s’exprime, tout en restant vigilant à ce que ces réunions soient bénéfiques et n’enveniment pas davantage une situation tendue.

 

Viser toujours l’exemplarité et l’exigence

Pour finir, le capitaine doit être exemplaire, rigoureux et exigeant avec lui-même. C’est le meilleur moyen d’obtenir la confiance de ses coéquipiers. Tout est possible si elle existe et tout peut se disloquer quand elle se perd. La confiance est un lien fragile. Préservons-la...

 

Benjamin Nivet

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[1] 6 différences entre un chef et un leader en management

13/05/2020

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