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K2

Groupe K2 - Ville durable responsable

Pierre Grard
Jean-Pierre Meyer

Groupe K2 - Ville durable responsable - publication Cercle K2

Le Cercle K2 n'entend donner ni approbation ni improbation aux opinions émises dans les publications (écrites et vidéos) qui restent propres à leur auteur.

Pierre Grard est Ambassadeur du Réseau Agora des Directeurs Sécurité, co-pilote du Groupe. Le général (2s) Jean-Pierre Meyer est Président du Cercle K2 et également co-pilote de ce Groupe.

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Le développement économique et la durabilité

L’examen du processus de développement économique durable montre qu’il doit toujours prendre en compte les conséquences et les enseignements des crises passées. Les phénomènes crisogènes susceptibles de freiner, voire s’opposer, au futur développement peuvent ainsi être identifiés et anticipés.

Ceci est vrai que les crises soient sociales, économiques, géopolitiques, climatiques, sanitaires voire terroristes, liées ou non à la criminalité organisée. Ces phénomènes crisogènes impactent, en outre, les espaces qui bénéficient d’un fort potentiel durable, objet de nombreuses convoitises. 

Ils placent ainsi la société (ou structure sociale) locale, notamment celle des territoires ruraux et espaces périphériques, dans des situations de vulnérabilité extrême. Ils brident un développement économique durable, alors que les populations locales devraient en être les acteurs principaux et les premiers bénéficiaires.

Outre la déstabilisation des situations économiques et sociales locales, ces crises provoquent souvent des mouvements migratoires, régionaux, transfrontaliers, ou encore transcontinentaux de populations tentées, voire sollicitées pour prendre ces chemins périlleux et incertains.

Pour anticiper et maîtriser ces phénomènes crisogènes qui concernent principalement les territoires, la population locale, actrice principale de son développement économique, doit construire ou reconstruire une vie globale durable à la fois économique, sociale et culturelle. Dans une recherche d’équilibre, celle-ci repose sur trois piliers génériques : l’humanité, la sérénité et la pérennité. Bien souvent, l’humanité concerne le civisme pour le vivre ensemble. La sérénité relève pour l’essentiel du bien-être et des revenus pour l’acquérir. Le respect de l’environnement est un élément fondamental de la pérennité.

Quoi qu’il en soit, ces trois piliers seront définis par la population tels qu’elle le souhaite.   

Cette durabilité de la vie des populations locales pourra ainsi précéder, accompagner et entretenir un développement économique, élément fondamental de toute pérennité. C’est le cercle vertueux de la durabilité.

Bien souvent cette durabilité territoriale ne peut pas s’acquérir de façon autonome. Elle doit s’inscrire dans une approche transversale, "bottom-up" et démocratique, pour mettre en œuvre bien en amont un processus de transition vers la durabilité.

C’est précisément durant cette phase que doivent être identifiés :

  • les phénomènes crisogènes, en place ou potentiels,
  • les enjeux liés au vivre-ensemble dans la diversité,
  • la construction ou reconstruction pérenne des éléments fondamentaux de la vie matérielle, sociale et économique.

En outre, la population locale doit être la principale actrice de cette durabilité. Elle engage ainsi sa responsabilité.

 

La durabilité et sa politique

Atteindre un état de durabilité de la vie des populations est le résultat d’une politique publique menée à plusieurs niveaux : c’est le concept de DURABILITE RESPONSABLE pour la population, par la population.   

Il s’agit là de l’effet majeur à obtenir. La population mettra en œuvre, en s’appuyant sur les trois piliers identifiés de la durabilité, un système de systèmes, produit d’une approche transverse, multidisciplinaire et coordonnée, qui permettra stabilité et développement durable.

Un des grands principes de toute stratégie est la concentration des efforts. Ce concept de durabilité responsable doit ainsi être initié dans les territoires dont le potentiel économique est avéré localement, susceptible de développement pour bénéficier par priorité à la population locale.

Cependant, il ne s’agit pas, notamment en post-crise, de construire ou reconstruire un "comme avant" en calquant des modèles anciens ou imposés depuis l’étranger, souvent occidentaux, voire orientaux. Il convient, dans une réflexion d’intelligence sociétale territoriale, de prendre en compte les enseignements locaux de la crise passée voire d’expériences connues. Puis, seront identifiées les avancées technologiques et conceptuelles nouvelles applicables localement à la situation sociale, économique, culturelle.

Les actions planifiées doivent être coordonnées et conduites par une institution locale pour atteindre la situation finale ou intermédiaire définie par la population. Le terme générique de VILLE indique ainsi le lieu où siège cette institution, selon un découpage territorial pouvant comporter des espaces ruraux et urbains dans son aire d’influence.

Dans un esprit "bottom-up" et pour éviter un isolement préjudiciable à toute réussite, cette politique locale est coordonnée avec une politique nationale de déconcentration, voire de décentralisation dans l’autonomie. Il s’agit ainsi de solliciter et respecter les institutions du pays concerné, notamment dans ses responsabilités régaliennes de sécurité et de justice dans le respect de l’État de droit et de financement. Les actions correspondantes peuvent aussi être promues et soutenues par les organisations internationales (UE, ONU, UA) ou la coopération bilatérale.

La transition vers la durabilité s’accomplira par étapes et paliers. Les actions relevant des trois piliers de la durabilité seront menées dans une pluridisciplinarité systémique : les systèmes eau, énergie, santé ainsi que ceux du vivre ensemble dans le civisme et du respect de l’environnement. Ces systèmes déployés sur le territoire ne sont pas indépendants mais interfèrent les uns avec les autres. Il s’agit dès lors de les coordonner en mode matriciel. Ils constituent alors un système de systèmes : c’est le système de la durabilité.     

Cette nouvelle approche a pour but de déconstruire le cercle vicieux de la misère, de la violence, des explosions sociales (dont le terrorisme et le crime organisé), des destructions de vies humaines.

Elle vise à prévenir leurs conséquences négatives : d’une part, en limitant l'exode rural massif vers des métropoles qui connaissent une croissance exponentielle et anarchique, en Afrique notamment et, d’autre part, en offrant une alternative locale heureuse face aux conséquences funestes qui attendent cette jeunesse sur les routes pleines de fantasmes de l’Europe ou de l’Amérique du Nord, au risque de cruelles désillusions.

 

Pour un concept de Ville Durable Responsable (VDR)

Le concept de VDR est dédié à la vie de la population urbaine et rurale, regroupée en société sur un territoire disposant d’une autorité administrative décentralisée. Pour assurer le développement économique du territoire selon ses potentialités, la population qui en sera la principale bénéficiaire mène une politique de durabilité. Par souci de transversalité gage d’efficacité, cette politique est coordonnée par l’autorité administrative locale, dans le cadre d’une politique générale de décentralisation dans l’autonomie. La politique de durabilité repose sur trois piliers génériques : l’humanité, la sérénité et la pérennité. Leur contenu, dans une approche pluridisciplinaire systémique, transverse et coordonnée, sera défini par la population tel qu’elle le souhaite. Ces fondements de la durabilité sont en outre ceux de l'" anti-crises" qu’elles soient migratoires, sociales, sanitaires, économiques, climatiques ou terroristes.

 

Pierre Grard et Jean-Pierre Meyer

Publié le 3 décembre 2020